• EN VRAC,

    DU PERSONNEL A MOBILITE REDUITE...

    Il reste aujourd'hui une école d'art territoriale à ne pas être passée en EPCC... liée à une absence de volonté politique certaine et à de mauvais gestionnaires du service public désireux de le démanteler (le service public) de l'intérieur. Et puis à quoi sert l'art, son enseignement quand tout le monde appelle de ses voeux le numérique, le tout numérique (je crois que l'Europe file du pognon sur le numérique, voilà tout). Nouvelle idolâtrie.

    Ce statut idéal posé par l'Etat, l'Europe l'est-il vraiment quand dans le même temps d'autres écoles qui le sont, elles en EPCC, sont en crise. Une liste de ces écoles-EPCC en danger serait intéressante à dresser.

    L'aspiration à cet avenir meilleur (l'EPCC) n'implique pas la garantie de nos emplois, de nos structures, de nos enseignements et surtout nous éloigne de nos missions qui doivent être mises en valeur : enseigner l'art comme une formation supérieure COMMENT aujourd'hui et le faire sur l'ensemble du territoire de manière égale COMMENT ? Quid de la recherche spécifique en école d'art dans tout ça ?

    Les grandes écoles, nationales, auraient-elles, seules, le privilège de travailler sereinement, à flot, avec des étudiants motivés et à proximité d'offres culturelles non négligeables (musées, galeries, centres culturels, etc. ) ?

    C'est toute la politique culturelle de chaque territoire en France qui doit être questionnée. Pour faire notre job décemment, que d'énergies à déployer pour y arriver : monter des voyages pédagogiques avec une fréquence limitée et en fonction des budgets.

    La revalorisation tant attendue dans la Fonction Publique territoriale, alignée sur la grille salariale des écoles nationales (Fonction Publique d'Etat), semble plus que nécessaire. Car les écoles territoriales sont menacées et avec elles, tout le rapport à la Culture (musées, structures culturelles).

    Au-delà des grandes villes où ça rayonne, s'opère un appauvrissement global de la Culture, de ses institutions, de ses personnels aujourd'hui, en France.

    Nos étudiants doivent-ils tous aller habiter dans les grandes villes ? Ils rétorqueront mais les villes moyennes voire petites sont dans nos budgets. Nous sommes pauvres. Que d'étudiants boursiers ! La mobilité tant espérée pour nos étudiants - un des buts du processus de Bologne - est une chimère.

    Que nous soit aussi accordée une forme de mobilité, à nous, PEA (refonte des missions et des statuts, possibilité de changement d'école, possibilité de travailler avec d'autres collègues, d'autres équipes) ! Je ne parle pas d'une mobilité utopique (déjà pour nos étudiants) sur l'Europe.

    Sur le même Grand Territoire (La France), on n'est déjà pas foutu d'avoir le même statut que nos collègues des écoles nationales ! Quand on aura fermé ou bien mis en danger les écoles territoriales, où ira-t-on travailler ? Avec quel statut ? On devrait tous pouvoir prétendre à enseigner dans ces écoles nationales vu qu'il s'agit de la même mission ?

    Et qu'on arrête de nous dire qu'une assimilation sur l'université est une situation idéale. L'hypothèse artistique est la remise en cause permanente, celle de la cassure incessante de la pensée dominante. La CNEEA devrait se taire et l'ANDEA arrêter de faire comme s'il n'y avait pas deux réseaux d'écoles : écoles territoriales et écoles nationales. Les écoles nationales devraient reprendre le chemin de l'humilité et du partage. Qu'on arrête aussi de jurer par les artistes renommés qui composent une école (nationale là encore) pour préjuger de sa qualité.

    ECOLE-PEDAGOGIE-TRANSMISSION-ENGAGEMENT NE SONT PAS DES GROS MOTS.

    Reprendre la main. Retrouver l'initiative de la pensée globale du monde à un moment où la sciences ne maîtrise plus son propre pouvoir et ne garantit plus, malgré son extrême génie, la pérennité de l'humanité. Réintroduire la pratique de la sensibilité... C'est ça nos aspirations. Face à la faiblesse de la pensée dominante, se poser à contre-courant. Mais, on est presqu'aujourd'hui empêché de tenir cette position.

    S'aligner, s'assimiler, se conformer... ou disparaître ou devenir un objet à malmener pour politiciens capricieux, en manque d'idées, ou devenir du personnel à mobilité réduite.

     

    Sonia Cheval

    « Situation des écoles d'art / repères chronologiquesCommuniqué de l'Andéa 25 jv 2017 »

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