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  • à lire sur le nouveau blog : https://sneadcgtblog.files.wordpress.com/2017/03/communiqueinter150317_def.pdf

    Communiqué n°2 de l'Intersyndicale Snéad/Snu'ter/Sud

    Communiqué n°2 de l'Intersyndicale Snéad/Snu'ter/Sud


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  • L'intersyndicale des écoles supérieures d'art territoriales a fait parvenir le 1er février une lettre ouverte à Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de France Urbaine. Étant donné que le décret de revalorisation statutaire des PEN a été accepté le même jour par le CTM (Comité Technique Ministèriel) du Ministère de la Culture, la lettre ouverte n'a pu intégrer ces nouvelles données. Les pistes avancées doivent donc être revues en conséquence pour s'adapter à la nouvelle situation afin de tout faire pour mettre en œuvre un véritable projet national de l'enseignement supérieur artistique public.

    Lettre ouverte du 01.02.17 à France Urbaine

    Lettre ouverte du 01.02.17 à France Urbaine


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  • Ici, l'article paru ce jour dans Le Monde :

    http://www.lemonde.fr/arts/article/2017/02/06/les-ecoles-d-art-voient-rouge_5075130_1655012.html

     


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  • A lire ici (nouveau blog) :

    https://sneadcgtblog.wordpress.com/2017/01/30/les-inrocks-28-jv-2107/


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  • Nous relayons ce communiqué qui n'implique bien évidemment que l'Andéa et ne préjuge en rien des positions du Snéad.


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    Il y a actuellement 45 écoles d'art publiques sur le territoires. 10 ont un statut d'EPA (Établissement Public Administratif) et sont des écoles nationales sous la tutelle exclusive de l'État, le Ministère de la Culture et le Communication (MCC) est l'employeur direct des personnels et elles bénéficient d'une co-tutelle du Ministère de l'Enseignement Supérieur. 35 sont des EPCC (Établissements Publics de Coopération Culturelle) et sont des écoles territoriales, dépendant de plusieurs ministères (Intérieur, Budget, Fonction Publique, Enseignement Supérieur et Culture) et elles sont majoritairement financées par les collectivités territoriales. Le Ministère de la Culture coordonne le calendrier pédagogique de l'ensemble de ces 45 établissements. Toutes délivrent les mêmes diplômes nationaux. Les enseignants sont recrutés sur les mêmes compétences et exercent exactement les mêmes missions. Le CNESER (Conseil National de l'Enseignement supérieur et de la Recherche) accrédite indistinctement les diplômes de l'ensemble de ces écoles et l'HCERES (Haut Conseil d'Évaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur) les évaluent exactement sur les mêmes critères.
     

    • 1986 : La compétence en matière d’enseignement supérieur des arts plastiques est partagée entre l’État et les collectivités locales.

    • 1998 : Processus de Bologne et mise en place d'un espace européen de l'enseignement supérieur qui se construit sur la réforme licence-master-doctorat-LMD, la reconnaissance mutuelle des diplômes et la mobilité des étudiants.

    • 2002 : L'enseignement artistique français se met au diapason de l'enseignement supérieur européen et dès lors le MCC veille à ce que la recherche soit un objectif pour tous sur laquelle doit s'adosser les diplômes de second cycle. C'est un énorme chantier qui se met alors en œuvre et qui demande un travail constant de la part des équipes pédagogiques.

    • 2003 : 10 écoles d'art (ENSAD, ENSBA, ENSCI, Cergy, Nancy, Limoges, Arles, Nice, Dijon et Bourges) s'appuient sur cette réforme pour revendiquer une revalorisation des grilles de leur professeurs d'enseignement national (PEN) calquée sur celle des professeurs agrégés. L'État promet alors que les enseignants relevant de la fonction publique territoriale (professeurs d'enseignement artistique, PEA), dont la grille correspond à celle de professeurs certifiés du second degré (CAPES), verront très vite leur tour arriver.

     

    "Les dernières modifications sur le statut des professeurs d’État datent donc de 2003, soit avant la réforme LMD. Le statut des PEA territoriaux n’a pas évolué depuis…1991."*

     

    • 2009 – Bernard Cazeneuve, député-maire de Cherbourg, interpelle la ministre de la Culture, sur les questions des epcc. Il s'inquiète des statuts des PEA et du désengagement de l'État.

    • 2010 – Mise en place des EPCC, comprenant plusieurs fusions d'écoles d'art. L′État ne respecte pas le principe de volontariat imposé par la loi sur les EPCC et contraint à certains regroupements. Ce passage de 47 à 35 écoles d'art (certaines étant donc multisites) ne se fait pas sans un certain nombre de contraintes et d'efforts des personnels administratifs et pédagogiques en place. Dans les Comités Techniques des villes concernées, la CGT vote contre la création des EPCC et alerte sur les risques budgétaires. Cette autonomie administrative plus que réellement pédagogique des écoles les rend très dépendantes des contextes politiques et économiques locaux. Depuis lors le MCC ne cesse de faire crouler les écoles sous les réformes, à marche forcée, alors que l'État se désengage progressivement. L'emploi se précarise, surtout dans les équipes enseignantes (départs non renouvelés, contrats partiels et à durée déterminée, statuts d'AEA pour des missions de PEA...). La mise en concurrence des écoles d′art entre elles et le rôle central de la communication s′imposent comme des évidences.

    • 2011 – Première vague d'évaluations de l'AERES pour que les DNSEP (Diplôme National Supérieur d'Études Plastiques) puissent obtenir le grade de master. Mobilisation générale des équipes enseignantes pour revoir l'ensemble de leurs maquettes et créer les programmes d'initiation à la recherche en 4e et 5e année. Certains dossiers sont retoqués ce qui installe selon les écoles le début d'une période d'incertitude qui n'a cessé de grandir depuis, les réformes s'enchaînant sans aucun retour du MCC. Le CNESER donne les accréditations au DNSEP pour le grade de Master.

     

    "Lors de cette première étape, des remarques ont été faites par le CNESER sur la non-conformité du statut des PEA avec les exigences de l’enseignement supérieur. Par ailleurs, dans leurs remarques, l’AERES et le MESR (Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche) ont exigé que les diplômes de master soient adossés à des dispositifs de recherche et que des enseignants chercheurs puissent en assurer le pilotage."*

     

    Depuis les écoles sont enjointes par le MCC de mettre en œuvre des projets de Recherche alors que leurs budgets diminuent année après année sur le terrain. Chacune s'organise selon ses moyens, parfois en finançant des heures de décharge, parfois non. La recherche en école d'art se met néanmoins en place.

     

    • 2012 : La loi Fioraso prévoit la structuration de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Initialement a loi LCAP préparée par le Ministère de la Culture, devait dans son chapitre sur les enseignements artistiques, prévoir la refonte du statut des PEA puisque la recherche est nommée dans la loi comme une des missions essentielles des écoles supérieures d’art.

    • Novembre 2012 : Le compte rendu de la Commission de la Culture, de l'Éducation et de la Communication remet en question le choix des EPCC pour les écoles d'art. Étant donné leurs missions d'Enseignement Supérieur et les statuts des personnels en place les statuts de ces établissements nécessitent des aménagements particuliers.

    • 2014 : Séminaire de l'Andéa (Association nationale des écoles d'art, anciennement des directeurs d'écoles d'art) à Metz durant lequel l'association défend un alignement des PEA et PEN sur la grille d'agrégés, qui reste malgré tout une grille de secondaire ce qui n'apparaît pas comme une reconnaissance des missions de pédagogie et de recherche qui sont exigées des enseignants des nationales et territoriales.

    • 2015 : Assises des écoles d'art organisées par l'Andéa à Toulouse, en présence des directeurs des écoles d'art, nationales et territoriales, des présidents d'EPCC, de personnels enseignants et administratifs, d'étudiants. Fleur Pellerin déclare que la mise en conformité des statuts des PEA est une priorité, c'était sans compter sur son départ quelques jours après ses déclarations.

    • 2015 : Contributions de l'AMGVF (Association des Maires des Grandes Villes de France) et des Communautés Urbaines de France afin de soutenir une revalorisation des PEA et donc d'affirmer leur engagement vis-à-vis de leurs écoles d'art. Plusieurs sénateurs et députés interpellent le MCC sur la création d'un statut de PEA-Sup pour les écoles supérieures d'art afin de distinguer leurs missions, avec la délivrance de diplômes L-M-D, des PEA en école de musique, principalement sur de la formation initiale. Le coût serait ainsi supportable.

    • 2015-2016 : Négociations dans le plus grand secret entre écoles nationales et le MCC portant sur la revalorisation de leurs grilles.

    • Avril 2016 : Suite aux différentes crises vécues dans différentes écoles d'art, certaines menacées de fermeture, la CGT (Fédération des Services Publics) et FO demandent au Ministère de la Culture l'organisation d'États Généraux des Écoles d'Art. Ils n'ont eu comme seule réponse de la part de la DGCA de continuer sans sourciller à mettre en place le calendrier de réformes.

    • Janvier 2016 : débat à l′initiative de la CGT au sein du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale sur la revalorisation des PEA.

    • 30 juin 2016 : L'école d'Art de Perpignan ferme après 200 ans d'activité.

    • Juillet 2016 – Loi LCAP, comprenant un article concernant les missions de recherche des professeurs en école d'art et la création du CNESER-AC (Conseil National de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Artistiques et Culturels).

    • 2016 – Deuxième vague d'évaluation de l'HCERES qui délivre de nombreuses préconisations et pousse encore les écoles dans leur incessant chantier d'harmonisation de leurs diplômes sur le modèle LMD.

    • 9 décembre 2016 – Délais de retour des dossiers DNA (Diplôme National D'art) pour obtenir le grade de licence. Là encore toutes les écoles sont mobilisées et doivent revoir l'ensemble de leur enseignement sur les trois premières années d'études.

    • 12 décembre 2016 – Le Snéad-CGT (syndicat national des écoles d'art et de design, syndiquant des personnels d'une dizaine d'écoles d'art territoriales) est invité pour la première fois à assister à une réunion de travail à la DGCA (Direction Générale de Création Artistique) et découvre ainsi la teneur du décret recherche. Ce décret, présenté comme une reconnaissance globale des écoles supérieures d'art à faire de la recherche, s'avère trop flou puisque les statuts des PEA ne leur permettent pas d'encadrer cette recherche. Les Conseils Scientifiques semblent optionnels et rien n'est précisé sur leur modes de fonctionnement. La question du coût des décharges horaires est balayé d'un revers de main. Sans compter la question des étudiants-chercheurs, jamais abordée. Dans sa forme actuelle ce décret ne peut être mis en application immédiatement que dans les écoles nationales. De la même façon, alors que le CNESER critique la non-conformité des statuts des PEA, comment les écoles d'art territoriales peuvent-elles siéger au CNESERAC ? Les décrets recherche et CNESERAC devaient être publiés début janvier et devraient passer au plus tard début février. Sans moyens concrets de faire de la recherche l'adossement du master est remis en question. Il est concomitant à la revalorisation des PEN et aggrave l'urgence de la situation.

    • 14 décembre 2016 – La DGCA annonce, non sans une certaine fierté, avoir travaillé avec les nationales à la revalorisation des grilles de PEN, calquée sur celles des professeurs d'écoles d'architecture et des Inspecteurs et Conseillers de la Création, des Enseignements Artistiques et de l'Action Culturelle. Une fois encore il est dit que cette deuxième vague de revalorisation annonce un futur ambitieux pour tous les enseignants, mais l'écart se creuse dangereusement entre école nationales et territoriales, fragilisant de fait le maillage territorial en créant des écoles à 2 vitesses, celles qui font de la recherche et assurent la pérennité de leurs diplômes et les autres qui devront s'efforcer de répondre aux critères d'évaluation de leurs enseignements sans moyens adaptés.

    • Depuis les prises de positions publiques s'enchaînent et la mobilisation est nationale ; le Snéad-CGT (communiqués et courrier à la Ministre pour l'organisation urgente d'une réunion interministérielle avec les organisations syndicales), L'association Nous sommes des étudiants en art, L'Andéa, La lettre ouverte du collectif ESAT (Écoles Supérieures d'Art Territoriales) à la Ministre qui a recueilli 900 signatures, la pétition en ligne co-rédigée par des PEN et PEA (plus de 1300 signatures), la Cneéa (coordination nationale des enseignants en école d'art), des Présidents de CA et directeurs généraux d'EPPC (l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne, Strasbourg-Mulhouse, Clermont-Ferrand, Cambrai, Toulouse, Lyon, Pau-Tarbes…) interpellent la Ministre, les députés et sénateurs. Aucun des courriers envoyés à la ministre n'a donné lieu à une réponse.

    • 11 janvier 2017, une délégation du Snéad-CGT est reçu à la DGCA. Le MCC se dissocie des écoles d'art territoriales, qui ont désormais leur autonomie, et ne revendique que sa position d'employeur du personnel des nationales. Il prétexte un progrès social pour les enseignants des écoles d′art qu'il ne serait pas légitime de contester, il suggère que les PEA fassent preuve d'ambition et revendiquent un alignement sur cette nouvelle grille. Le Snéad-CGT estime qu'une grille salariale du supérieur, comme par exemple celle de Maîtres de Conférences, serait une réelle reconnaissance des missions des PEA-PEN et qu'elle serait financièrement supportable. La DGCA reconnait ne pas avoir traité avec les organisations syndicales (qu'elle ne parvenait pas à identifier), privilégiant les associations comme l'Andéa et la Cneéa et affirme avoir essayé en vain de réunir les différents ministères de tutelle des EPCC. Elle laisse aux syndicats le soin de s'en charger.

    • 17 janvier : Après sollicitation du snéad-cgt, La commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée Nationale étudie les suites à donner à la situation.

    • 20 janvier : création d'une intersyndicale Snéad-CGT, FSU et SUD à Montreuil, au siège de la CGT, et interpellation du premier ministre pour l'organisation d'une réunion interministérielle d'urgence.

     

    * extraits de la contribution de la AMGVF et des Communautés Urbaines de France.

     


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  • L'article paru ce 23 janvier dans Libération, à lire ici :

    http://next.liberation.fr/culture-next/2017/01/23/des-ecoles-d-art-traitees-de-haut_1543352

     

    (le blog est désormais accessible à l'adresse : https://sneadcgtblog.wordpress.com/


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  • Une excellente vidéo qui donnera espoir à tous (à retrouver sur le nouveau blog : https://sneadcgtblog.wordpress.com/) :


    Ecole beaux arts par BCazeneuve


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  • Compte rendu partiel de la réunion du 11/01

    L'intersyndicale qui est en cours n'a pas pu être représentée car l'invitation a été faite le mardi soir. Seul le Snead-cgt était présent. Étaient présents Philippe Belin et Florence Touchant pour la DGCA, 4 enseignants pour le Snead-cgt (dont 2 appartenant à ESAT en Lutte)

    Deux d'entre nous ont affirmé appartenir au collectif rédacteur de la lettre ouverte et ont remis des exemplaires de la lettre et la liste des signataires mise à jour.

    Cette réunion éprouvante, nous a mis dans une situation dont nous nous doutions mais qui là a été explicitement énoncée :

    - Nous sommes le premier syndicat à nous battre contre un progrès social (l'augmentation de nos collègues des nationales)

    - Nous faisons de l'auto-censure en ne revendiquant pas auprès de nos tutelles une grille de salaire semblable et des prophéties auto-réalisatrices quand nous pensons que nos employeurs ne pourraient supporter une telle différence

    - Nos président d'EPCC ne font des courriers que pour demander des augmentations de dotation et se soucient peu de nos carrières et de nos écoles (« vous ne savez probablement pas comment fonctionnent les manœuvres politiques »)

    A cela, ajoutons les arguments fallacieux : le Ministère n'a que 18 mois de retard sur le calendrier (depuis la promesse de Pellerin), nous n'avons qu'à nous servir de l'incompatibilité de nos statuts avec ceux qui nous permettrait de faire de la recherche (sic) pour forcer nos financeurs à modifier nos statuts, aucun de nos représentants (Andea et Cneea ont été leurs seuls interlocuteurs) ne s'est jamais attaché à porter ce sujet, ils défendrons bien sûr le Cneser-ac, ne suivent pas les positions de certains directeurs des nationales etc.... Enfin, nous personnels, syndicats n'avons jamais été convié aux négociations (qui se déroulent depuis deux ans) car c'est juridiquement impossible car le MCC n'est pas notre employeur (!)

    Nous avons argumenté et répondu à chacune de ces attaques et avons obtenu l'assurance (orale) qu'une négociation interministérielle se tiendrait avant la fin du mois si nous ne nous opposons pas au toilettage de la grille des collègues (qui serait proche mais nous devons vérifier, de celle d'un inspecteur à la création, sur la base de 382 heures annuels)


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  • Compte rendu de la réunion du 14 décembre 2016 qui a eu lieu dans le cinéma de Beaubourg à l’initiative du ministère de la Culture

    La journée a opposé des panels qui ont laborieusement exalté l’existant et des interlocuteurs qui à une exception près —une prise de parole courageuse en tribune pointant l’absence de vision concernant l’enseignement artistique et son retard sur le plan international— ont dénoncé depuis la salle l’absence de tout projet du ministère chargé de la Culture pour les écoles supérieures d’art.

    Mme Hatchondo, Directrice générale de la création artistique, a fait une brève apparition en début et fin de séance. Philippe Belin, Directeur adjoint, a annoncé avec fracas d’entrée de jeu une réforme statutaire pour le corps des professeur-es des écoles nationales supérieures d’art, ce qui a eu pour effet de dresser une partie de la salle contre l’autre. Ce qui apparemment était le but recherché ! Il a ainsi affirmé, contre toute vérité, que le corps de référence pour les nationales serait le corps des Inspecteurs à la création (ICCEAC), hypothèse évoquée par certains syndicats Culture il y a quelques mois, mais catégoriquement refusée, comme toutes les mesures demandées ! Cette présentation mensongère lui a surtout permis de ne pas avouer que le statut des professeur-es des nationales datant de 2002 allait seulement connaître une légère revalorisation indiciaire suite à la revalorisation de la grille des agrégés, sur laquelle ce corps est aligné depuis 2002, cela de manière mécanique, dans le cadre du protocole PPCR (protocole Parcours professionnels, carrières et rémunérations, qui s’applique à partir de janvier 2017) et sans que le ministère de la Culture y soit pour quelque chose !

    L’idée générale était semble-t-il de montrer un ministère au travail, bras actif d’un gouvernement qui allait étendre son action aux écoles territoriales dans la foulée, ce que personne n’a cru.

    Les membres du Collectif INforme présent-es dans la salle n’ont eu de cesse de leur côté de rappeler les revendications que porte le collectif depuis des mois, à savoir une meilleure inscription dans le champ de l’enseignement supérieur, ce qui ne signifie pas un rattachement au ministère de l’enseignement supérieur, comme le disent certains, mais une série de réformes nécessaires permettant aux écoles supérieures d’art de développer leurs missions dans un cadre clair.

    Comme c’est le cas depuis deux ans, ces revendications se sont heurtées au silence méprisant des représentants du ministère : rien n’est prévu pour les écoles supérieures d’art, telle est la triste vérité. La recherche continue à n’être pensée qu’en termes d’aide à des projets ponctuels, sans souci de la structurer, et l’annonce du recrutement futur d’un nouveau chargé de mission recherche (le précédent ayant quitté ses fonctions) confirme qu’on en restera au bricolage actuel.

    Le panel sur les 3e cycles et les doctorats s’est quant à lui longuement étendu (au point d’entraîner l’annulation du panel sur le design !) sur les expérimentations menées dans quelques écoles parisiennes, où le statut de contractuels de la plupart des enseignants permet d’ignorer la nécessité de réformer le statut des établissements et le statut des enseignants. Ces réformes sont pourtant rendues indispensables par le LMD…, mais le ministère de la Culture s’évertue à contourner ce qu’il considère sans doute comme autant d’obstacles. La question du développement des écoles sur le plan international est quant à elle purement et simplement ignorée, ce qui finit par être comique face au retard de la représentation artistique française à l’étranger, ce dont tout le monde ne cesse de se plaindre.

    En novembre 2014, un rapport de l’Inspection générale des affaires culturelles et de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche à propos des écoles d’architecture, intitulé « Une nouvelle ambition pour la recherche dans les écoles d’architecture. Propositions pour un statut d’enseignant-chercheur » a pourtant montré la voie en rappelant l’urgence de réformes dans le cadre de l’accord de Bologne (1999) et de la création de l’Espace européen de l’enseignement supérieur (2010). En voici des extraits. Nous y insérons de façon « ironique, performative et légère » les mots [écoles d’art] à la suite des mots école d’architecture, pour aider au prochain rapport du ministère de la culture !

    A partir de 2002, et en 2005 pour l’architecture [les écoles d’art], les universités et les écoles françaises mettent en place les aménagements nécessaires pour que les différents cursus s’inscrivent dans le LMD. La part faite à l’initiation à la recherche dans le cadre des années de master s’affine ; l’ambition d’une formation à la recherche et par la recherche se consolide ; le couplage formation / recherche, parfois lâche, se renforce dans le but de susciter davantage d’innovations pédagogiques et de mobilité inter-établissements ainsi que les échanges de compétences et de pratiques. […]

    Dans le prolongement du rapport établi par Vincent Feltesse à l’issue de plusieurs mois de concertation nationale, la mission a été conduite à constater que le statut actuel des enseignants était inadapté à la montée en puissance de la recherche et du doctorat en architecture [écoles d’art], pourtant rendue indispensable depuis la mise en œuvre, en 2005, de la réforme licence – master – doctorat (LMD). En particulier, les obligations actuelles d’enseignement, sensiblement supérieures à celles des enseignants-chercheurs de l’université (320 h versus 192 h), ne permettent pas de répondre de manière satisfaisante aux besoins des écoles en matière de recherche et les dispositifs de décharge mis en place pour faciliter l’engagement de certains enseignants dans la recherche ne sauraient constituer à long terme une réponse adaptée.

    Par ailleurs, la mission relève que le statut d’établissement public administratif (EPA), déjà ancien, des établissements ne correspond plus aux exigences d’un fonctionnement modernisé. Des réponses appropriées doivent être apportées sans tarder à l’absence d’instances scientifiques statutaires dans les écoles ainsi qu’à celle d’une instance scientifique légitime au plan national.

    L’ensemble de ces constats a incité la mission à considérer qu’une double exigence devait guider ses réflexions et propositions : permettre aux enseignants de s’investir davantage dans la recherche et continuer à garantir la présence d’enseignants praticiens au cœur des écoles d’architecture [écoles d’art].

    Dans la deuxième partie de ce rapport, la mission propose un plan d’action ambitieux, en deux temps : engager de manière immédiate des mesures statutaires, budgétaires et d’accompagnement ; puis, à l’horizon de cinq ans, dresser un bilan des réformes engagées en vue d’achever l’harmonisation des obligations de service des enseignants sur celles de l’université. […]

    La mission estime, par ailleurs, qu’il est urgent d’entreprendre la rénovation du statut des écoles nationales supérieures d’architecture [écoles d’art], afin de l’adapter aux exigences actuelles. Pour autant, elle ne juge pas nécessaire un basculement vers un statut d’établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP).

     


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  • L'article oublie juste de citer le SNEAD, qui est à la pointe de ce mouvement, ce qui a été signifié au journal...


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  • Le syndicat national des écoles d'art et de design a interpellé le 21 décembre la Ministre de la Culture et de la Communication, en informant de sa démarche les ministères de la Fonction Publique et de l'Enseignement Supérieur. Sans nouvelle, sans même un accusé de réception, nous publions aujourd'hui ce courrier. Combien de lettres le Ministère de la Culture et de la Communication reçoit chaque jour sur la question des statuts des enseignants des écoles supérieures d'art territoriales et donc sur l'avenir même de ces établissements? Les écoles sont inquiètes et le silence dont fait preuve l'État entretient un sentiment d'injustice et d'insécurité pour tout un pan du service public.


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