• EMA / L'école d'art de Chalon appelle l'Etat à la rescousse

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    CHALON-SUR-SAONE (SAONE-ET-LOIRE) [08.06.16] Après plusieurs décisions de l'agglomération du Grand Chalon qu'elle juge inquiétantes, l'école Media Art Fructidor demande le soutien du ministère de la Culture
    Le 27 mai dernier, trois décisions de la direction générale des services de l'agglomération ont été notifiées à l'Ecole Media Art Fructidor (EMA) de Chalon-sur-Saône : la suppression de la classe préparatoire récemment créée (le concours devant en sélectionner les élèves a eu lieu le lendemain, 28 mai) ; l'annulation des partenariats noués avec les écoles de Dijon et Besançon ; et la diligence d'un audit interne de l'école. 

    Pourquoi ces mesures et pourquoi choisir ce moment ? L'école est une régie d'agglomération depuis 2009. Depuis cette date, elle entretient avec le Grand Chalon une relation difficile, notamment due au refus de la collectivité de transformer l'école en établissement public à caractère culturel. Le changement de majorité aux élections municipales de 2014 n'ayant rien arrangé, l'école a entrepris de multiples démarches pour compenser l'absence d'EPCC, au premier rang desquelles la création de la classe prépa et la signature de partenariats avec les écoles de Dijon et de Besançon, notamment pour acter les équivalences entre le DESMA (diplôme d'école de Chalon) et le diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP). Deux éléments que l'agglomération vient donc d'annuler. Enfin, en imposant un soudain audit interne à l'école, c'est sa propre gestion (puisque l'école est en régie directe) qu'elle voudrait dénoncer. L'agglomération, jointe par le Journal des Arts, n'a pas souhaité commenter ces éléments, indiquant simplement qu'un courriel serait envoyé cette semaine aux personnels de l'école pour expliquer les décisions. 

    A l'école, les réactions semblent unanimes : de nombreux professeurs ont signé une lettre ouverte à Audrey Azoulay le 27 mai dernier, pour s'inquiéter de ces manœuvres en pleine période de concours, et du risque juridique créé pour les entrants en M1, dont l'équivalence est menacée. Dominique Pasqualini, le directeur de l'école, a envoyé mercredi 2 juin une lettre à Régine Hatchondo, la directrice de la création au ministère pour réclamer un audit du ministère de la culture et de la communication à même de « suppléer l'analyse interne effectuée dans une grande incompétence d'appréciation des exigences de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de la Création artistique ». 

    Dans un climat politique tendu, le sort de l'EMA Fructidor semble dépendre désormais des capacités de médiation du ministère de la Culture et de la Communication. Au gré des fermetures (Rueil, Perpignan) et des regroupements (Bretagne, Hear, Nord-Pas de Calais...), la réforme des EPCC continue, cinq ans après, à remodeler la carte française des écoles d'art. Reste à savoir si Chalon, en conflit avec son financeur, y figurera encore longtemps.
      David Robert   Le Journal des Arts8 juin 2016
    « ESAA / à écouterVidéo des étudiants d'Angoulême »

  • Commentaires

    1
    Vendredi 10 Juin 2016 à 19:28


    "L’agglomération, jointe par le Journal des Arts, n’a pas souhaité commenter ces éléments, indiquant simplement qu’un courriel serait envoyé cette semaine aux personnels de l’école pour expliquer les décisions."

    extrait de l'article


    A ce jour, nous avons bien reçu un courriel adressé à l'ensemble des professeurs (ok) et des étudiants (!). Je ne le reproduis pas ici.
    Ce courriel, dès le 1er paragraphe, se veut dissiper nos inquiétudes.
    Dans le 2è paragraphe, il pointe clairement le fait qu'"en raison de nombreux témoignages oraux et écrits mettant en cause l'organisation, le fonctionnement pédagogique…"(voilà donc la raison de tout ça !), cette situation s'explique et d'autant plus, qu'il était nécessaire, 3è paragraphe, de poser les termes d'un débat contradictoire.
    Inutile d'aborder le reste de cette réponse du Directeur Général des Services.

    J'ai surligné ici les termes afin de pointer leur caractère inconciliable et antinomique. Vous noterez les méthodes tendancieuses des uns et des autres qui s'apparentent ni plus ni moins à de la délation et donnent caution à la délation. Pour qu'il y ait débat, il faut des protagonistes identifiés, identifiables et qui remettent en jeu la parole et la font circuler. Ces dénonciations, et non témoignages, sont donc illégitimes. C'est comme l'artiste qui a un pseudonyme sur les réseaux et revendique des droits d'auteur alors que par son pseudo, il a  renoncé même à son identité, à sa qualité d'auteur.

    Derrière ces faux-semblant, il y a tout de même plus grave. Idéologiquement, intellectuellement, c'est l'expression d'un Grand Refus de la Culture. Que nos politiciens et administrateurs publics aient le courage de leurs opinions et disent clairement leur absence de projection dans l'avenir et leur envie de démanteler les institutions culturelles. On sait que c'est ça. Et que ceux qui aident ces grands liquidateurs (et non administrateurs) de manière abjecte ne s'attendent ni à être remerciés, ni félicités, et encore moins soutenus.


    Sonia Cheval (ceci n'est pas un pseudonyme)


     

     

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