• Texte d'orientation du SNEAD-CGT

     Le Syndicat National des Ecoles d'Art et de Design est né de la volonté des personnels de plusieurs écoles d'art de se réunir à un moment où, sous l'effet de la réforme lancée en 2010-2011, ils se sentent de plus en plus isolés au sein d'établissements devenus administrativement autonomes.

    Cette réforme procède du choix de transformer les écoles d'art en établissements d'enseignement supérieurs afin qu'elles puissent délivrer des licences et des masters conformes au cadre de l'harmonisation européenne de l'enseignement supérieur. Une telle transformation impliquait selon la loi Pécresse (tant décriée mais jamais abolie) la transformation des écoles en entités juridiquement autonomes. La forme juridique choisie a été celle des EPCC, choix clairement inadapté selon un rapport ultérieur du Sénat (2012).

    Les écoles étant désormais soumises aux critères du LMD (Licence/Master/Doctorat) européen ont dû normaliser une partie de leur enseignement pour répondre aux exigences des cursus universitaires (introduction des mémoires an niveau DNSEP, création à terme d'un troisième cycle, présence de docteurs dans les jurys de diplômes, etc...) sans profiter des avantages de l'organisation universitaire (démocratie interne).

     

    Le SNEAD est donc né dans un contexte d'autonomisation et de bureaucratisation des écoles, de tensions entre des personnels réduits à un rôle consultatif et des administrations de plus en plus puissantes. Ces administrations, clairement libérales, prennent désormais toutes libertés envers les statuts et règles de la Fonction Publique Territoriale et précarisent l'emploi, ce qui était l'un des objectifs inavoués de la réforme. Les crises au sein des écoles se multiplient, entre directions et personnels, avec des conséquences psychologiques sur les personnels et des incidences désastreuses sur les étudiants. Les postes de direction, eux, se distribuent selon la fameuse règle des chaises musicales, donnant, comme si besoin était, une image d'entre-soi assumé.

    Simultanément, les collectivités locales qui contrôlent désormais les Conseils d'Administration des écoles d'art se voient soumises à des contraintes budgétaires qui rendent leur mission d'autant plus difficile qu'elles n'ont pas les compétences pour diriger ces établissements d'enseignement supérieur. Certaines ferment leur école (Perpignan) ou rêvent à voix haute de le faire. Dans tous les cas, les écoles d'art sont désormais à la merci des changements de majorité politique à la tête d'une mairie, d'une agglomération ou d'un regroupement de collectivités, cela au détriment des missions initiales de formation artistique publique adaptée aux étudiants, futurs professionnels de l'art et du design.

    Le ministère de la Culture semble abandonner les écoles à leur sort, ne disposant plus des arguments légaux ni du personnel suffisant pour intervenir. L'ANDEA, ex-association des directeurs des écoles d'art et principal initiateur de la réforme, se substitue ouvertement au Ministère, intervenant à tous les niveaux de l'État pour faire décider ou voter des textes conformes à ses projets.

     

    Dans ce contexte, et considérant que le rôle premier d'un syndicat est la défense des salariés, le SNEAD-CGT se donne les priorités suivantes :

    - Lutte contre la précarisation des emplois et les emplois non-statutaires.

    - Défense du service public et du réseau des écoles d'art.

    - Reconquête de la démocratie au sein des établissements, au prix si nécessaire d'un changement de statut, comprenant une représentation des étudiants à tous les échelons des écoles.

    - Système électif à tous les postes de responsabilité au sein des écoles (coordinateurs, directeurs des études, directeurs de site, directeurs généraux).

    - Équivalence du statut des enseignants des écoles d'art, aussi bien nationales que territoriales, avec celui des enseignants d'université (PEA/Maîtres de conférence).

    - Améliorations des conditions de travail, notamment en terme de respect des personnels.

    - Lutte contre toutes les formes de discrimination et de harcèlement au travail.
    - Replacer la pédagogie au cœur des projets des établissements, avant tout lieux de formation, en privilégiant la présence des personnels et des usagers dans les instances en vue d'assainir la gouvernance des écoles d'art publiques.

    Pour ce faire, le SNEAD-CGT recourt aux méthodes et outils traditionnels des syndicats :

    information des personnels, de la presse et de la population, appels à la grève, actions en justice, manifestations, interpellation des élus, des instances de contrôle (Préfectures, Chambres régionales de la Cour des Comptes...) et des tutelles (Ministères de la Culture, de l'Enseignement Supérieur, de la Fonction Publique).

    Mais la force d'un syndicat tient avant tout à la solidarité entre les personnels, toutes catégories et fonctions confondues. Ce à quoi le SNEAD-CGT œuvrera au sein de la Fédération de l'Education, de la Recherche et de la Culture (Union Ferc-sup).

     

    « FERC-sup/la poursuite des études en Master est un droitStatut des PEA : en attente de réponse »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :